RECENTRAGE SUR L’ESSENTIEL
PAR LA FISCALITÉ

1. Le néolibéralisme, modèle actuel non viable

Le néolibéralisme et ses conséquences

Il s’agit du modèle économique libéral international que les politiques ont laissé se développer depuis une soixantaine d’année, et qui est devenu une norme mondiale.

Le néolibéralisme consiste notamment à laisser se développer à peu près n’importe quelle activité économique, pourvu que cela génère des revenus et des emplois.

Il s’inscrit également dans le cadre d’une économie largement mondialisée, dominée par des entreprises multinationales qui ont fermé nombre d’usines en Europe pour en ouvrir notamment en Asie, où la main d’œuvre ouvrière est moins chère.

Cela a abouti notamment:

● au consumérisme -ou à la surconsommation- de produits bon marché

qui sont source de nombreuses pollutions (lors de la fabrication et du transport de produits inutiles).
Cette caricature de la Saint Valentin évoque la pollution générée par le consumérisme.
Ce consumérisme relève de l’addiction et donc d’une maladie mentale créée par un système économique.

● à la désindustrialisation de la France

Ce modèle comprend également la délocalisation d’une grande partie de l’industrie des pays occidentaux en Asie, où des générations d’ouvriers ont été sacrifiées au travail dans des conditions de quasi esclavage.
Cette caricature relative aux cadeaux de Noël évoque à la fois la question de la pollution et des conditions de travail des ouvriers en Asie.
Cette désindustrialisation partielle s’est accompagnée du développement d’une économie de services, dont nombre d’entre eux sont non essentiels, voire nuisibles.

Un modèle libéral nationaliste non viable non plus

Ce modèle a pour côté positif la réindustrialisation de la France.

Cependant, la croissance maximale de tout, au nom de l’emploi, n’est pas viable étant donné
– la pollution que cela génère
– la limitation des ressources naturelles bon marché
– les besoins en personnel des secteurs fondamentaux

La croissance maximale de la population, prônée par ces régimes n’est pas viable non plus, étant données toutes les limites de la Terre.

La croissance maximale est également prônée par la plupart des politiques pour une raison cachée: la croissance des prix de l’immobilier, qui permet à une population de s’enrichir automatiquement.

Un modèle communiste qui a été un échec économique

Cette critique du système néolibéral actuel n’a pas pour but de promouvoir le communisme.
Si ce système peut sembler louable d’un point de vue philosophique, les résultats économiques concrets ont été généralement très décevants. Il s’est traduit également par des dictatures sanglantes.

Le retour à une économie libérale mais très dirigée

Pour répondre à ces besoins fondamentaux, la France va devoir retrouver une économie dirigée au moyen d’une véritable planification, par un véritable état stratège, comme que cela était le cas jusqu’aux années 70/80. Cela avait fait de la France, à cette époque, le leader mondial dans de nombreux domaines essentiels cf évolution sociétale.

A cette époque, la dette publique était également maîtrisée: 14% du PIB en 1974 contre 114% fin 2024.

La mise en place de certains droits de douane sera nécessaire.

2. Fiscalité par secteurs

Principe

● Il s’agit d’abord de soutenir davantage les secteurs essentiels à la vie et de taxer davantage les secteurs superflus ainsi que les secteurs particulièrement polluants.
Cela entraînera nécessairement des fermetures d’entreprises et des ouvertures de nouvelles.
Une grande partie de la population serait obligée de se reconvertir et seraient accompagnées dans cela.
Néanmoins, une partie importante du personnel travaillant dans ces secteurs peu utiles ne possèdent pas la condition physique pour pouvoir travailler dans des secteurs tels que le bâtiment, l’agriculture ou l’entretien d’espaces verts.

Il existe un certain infantilisme, une certaine stupidité sociétale à se plaindre d’un côté de ne pas disposer de personnel dans des secteurs essentiels, et d’un autre de dilapider les moyens humains et financiers dans des secteurs peu utiles ou inutiles.

● Il s’agit également de taxer les secteurs dans lesquels les rémunérations sont démesurées (par exemple la « haute finance »).

● Pour autant, il ne s’agit pas de proposer une société égalitariste sur le plan financier.
Un certain « mérite » doit être récompensé financièrement.
Certains écarts de revenus sont justes et nécessaires au bon fonctionnement de l’économie.

Par exemple, il est souhaitable que certaines professions à fortes responsabilités telles que les médecins, soient fortement rémunérées.
Il est par contre absurde d’un point de vue sociétal qu’un trader « gagne » des millions d’euros par an.
A côté de cela, une grande partie des agriculteurs disposent de revenus très faibles, en contrepartie d’un travail pénible, d’où le fort taux de suicide dans cette profession.

Secteurs à soutenir davantage, devant croître

Equipements d’économie d’énergie
L’agriculture biologique de proximité
La santé
La pharmacie (lors de ces dernières années, la France en est arrivée à manquer de médicaments de base tels que le paracétamol, dont la fabrication a été largement délocalisée en Asie).

Secteurs à taxer davantage, devant décroitre

Les loisirs de luxe
L’immobilier de luxe, notamment au niveau des résidences secondaires
Les biens de luxe (automobile de luxe etc)

Les camping-cars
Le transport aérien

Les instituts de beauté
Les cosmétiques. Ceux-ci seraient interdits de vente dans les pharmacies, qui retrouveraient ainsi leur fonction essentielle à savoir fournir à la population des médicaments
Les vêtements et autres produits de piètre qualité

Les agences immobilières
Les activités financières. Celles-ci attirent de nombreux ingénieurs, issus des écoles les plus sélectives, alors que ceux-ci se dirigeaient jadis vers l’industrie.

Secteurs à interdire

La publicité dans l’espace public, sauf lors de spectacles sportifs gratuits tels que le Tour de France
Le crédit à la consommation
Les jeux d’argent
L’épilation laser pratiquée par les dermatologues, qui doit être attribuée aux esthéticiennes.
Aujourd’hui, une grande partie des dermatologues est largement occupé à pratiquer des soins esthétiques, notamment l’épilation laser (qui devrait être le travail des esthéticiennes). D’un autre côté, de nombreuses personnes attendent longtemps pour se pouvoir faire soigner d’importants problèmes de peau.

Taxation des revenus financiers et immobiliers

Par ailleurs, une taxation conséquente des transactions et des plus-values financières et immobilières serait mise en place afin de limiter la spéculation.

3. Focus sur certains secteurs

Secteur numérique

La course à un débit d’internet mobile toujours plus important à des fins récréatives n’a guère de sens.
La 4 G fournit déjà un débit important.

L’intelligence artificielle utilise une grande quantité de données et nécessite de nouveaux centres de données informatiques (data centers).
Les utilisateurs de l’intelligence artificielle à des fins récréatives doivent en payer le prix économique et écologique, sans que cela soit répercuté sur l’ensemble de la population.

Les forfaits de téléphonie mobile étant liés à l’acquisition d’un appareil avec engagement de deux ans incitent les utilisateurs à changer leur téléphone au bout de deux ans, même si celui-ci fonctionne correctement.
Cela s’inscrit dans une logique consumériste.

Secteur aérien

Le transport aérien, dans sa forme actuelle, est fortement émetteur de CO2 car le kérosène provient du pétrole, comme l’essentiel du carburant pour voitures.

Ce secteur non essentiel à la vie, doit donc être raisonnablement taxé, au niveau national pour ton vol au départ ou à l’arrivée d’une ville française.
Le kérosène doit être taxé a minima à la même hauteur que le carburant pour voiture
Lorsqu’un avion est plein, sa consommation revient, par passager à environ 3 litres de kérosène pour 100 km.
Cependant, sa contribution à l’effet de serre est proportionnellement le double car les traînées de condensation émises à haute altitude participent fortement à l’effet de serre cf cet article du cabinet Carbone 4.
Sachant qu’un litre de carburant pour voiture est taxé à hauteur de 1 euro, une juste taxation du kérosène serait, a minima, de 2 euros le litre. Sur un trajet Tarbes – Paris d’environ 700 km, cela constituerait une taxe de 700 x 0,03 x 2 = 42 euros.

La « taxe solidarité » applicable au 1er mars 2025, sur les billets d’avion de 7 € pour un vol intérieur ou européen, de 15 € pour un moyen courrier de moins de 5.000 km et de 40 € pour un long courrier de plus de 5.000 km est très insuffisante. Une taxe sur le kérosène est plus appropriée et plus précise.

Par ailleurs, les subventions aux compagnies low cost versées par les CCI [chambres de commerce et d’industrie] doivent être supprimées.

Les subventions directes à ce secteurs doivent également être supprimées.
En 2024, le secteur a également reçu 400 millions d’euros d’aides de l’Etat alors que le groupe Airbus a réalisé 4 milliards d’euros de bénéfices net en 2022, 2023 et 2024.

4. La contribution des personnes fortunées

Le rapport à l’argent

La notion de « mérite » est importante, et difficile à chiffrer.

Le système néolibéral a créé et entretenu par la publicité une forte addiction à l’argent et à l’accumulation de biens matériels. Ainsi, certaines personnes « n’en ont jamais assez ».

Il s’agit ici de comprendre dans quelle mesure « l’argent » contribue à « la qualité de vie ».
Le confort matériel est évidemment un facteur de bonheur.
Le fait de réaliser des sorties diverses et des voyages également.

Cependant, la santé est un facteur de bonheur bien plus important que cela.
En effet, aucune personne ne serait prête à perdre ses yeux ou ses bras en échanges de milliards.
Cela permet déjà de relativiser le besoin de posséder un patrimoine très important.

D’autres facteurs de bonheur sont:
– Les bonnes relations humaines cf Ecole, compléments en psychologie
– La culture personnelle (cf partie « culture » de ce site): musique, cinéma, littérature, arts visuels, connaissance du matrimoine historique, connaissance du patrimoine naturel etc.
– L’appréciation de la nature cf patrimoine naturel

La contribution des grands patrimoines est possible et nécessaire étant donné les importants moyens nécessaires pour mener à bien la transition énergétique et plus largement l’évolution sociétale nécessaire.
Cette nécessité de préserver autant que possible la qualité de vie à l’avenir est infiniment plus importante que le fait de préserver la vie de luxe de personnes fortunées.
Pour autant, l’argent public récolté ne doit évidemment pas être gaspillé dans des dépenses de communication et autres.

La philanthropie existe. Cela montre que parmi les personnes les plus fortunées, certaines d’entre elles placent certaines valeurs au-dessus de l’argent, c’est à dire leur intérêt personnel.
L’exemple le plus illustre a été Andrew Carnegie, l’homme le plus riche du 19ème siècle qui a légué quasiment toute sa fortune à diverses œuvres et fondations. Il a notamment fait construire des milliers de bibliothèques et d’hôpitaux aux Etats-Unis, au Royaume-Uni et dans le Commonwealth.
Plus récemment, l’exemple le plus notable est celui d’Yvon Chouinard, qui, en 2022, a légué son entreprise Patagonia avec pour condition que « tous ses bénéfices, soit quelque 100 millions de dollars par an, soient utilisés pour lutter contre le changement climatique et protéger les terres vierges”.

Taxation des grands patrimoines (principe de l’ISF)

Les personnes fortunées, avisées et conseillées par des professionnels en gestion du patrimoine, connaissent bien les cycles économiques et financiers.
Cela leur permet de s’enrichir fortement lors les périodes de crise, en achetant nombre de produits financiers et immobiliers à bas prix, qui retrouvent plus tard une valeur importante.

Les biens immobiliers de luxe et peu utilisés doivent être taxés fortement.
Au niveau local, dans certaines vallées pyrénéennes, les logements de luxe se sont multipliés lors de ces dernières années. Il s’agit principalement d’immenses chalets en bois et en pierre, qui ne sont occupés que quelques jours par an.

Cependant, les logements à la location (hors tourisme et hors luxe) bénéficient à l’ensemble de la société: aux personnes riches qui les possèdent et en tirent des revenus, et à celles qui les prennent en location. Ceux-ci doivent être moins taxés.

Les niches fiscales

Conserver les niches fiscales qui sont en lien avec les biens et services fondamentaux et la transition vers une société viable. Supprimer les autres.

L‘évasion fiscale

Il devrait être interdit à un citoyen français de placer de l’argent sous quelque forme que ce soit dans des paradis fiscaux, dont la France est cernée (Monaco, Andorre, Iles Jersey, Luxembourg).