ALIÉNATION SOCIÉTALE
Ses conséquences et
comment éviter cela individuellement
Troisième partie du thème évolution de la société.
1. La perte de culture générale
1. Préambule
Par nécessité, la plupart des compétences professionnelles persistent.
2. La baisse du niveau scolaire dans les matières fondamentales:
français, mathématiques, histoire géographie, au niveau du primaire et du secondaire, dans les années 2000 et 2010.
Tous les classements internationaux, et les avis des professeurs l’attestent.
Les principales causes de cela sont: (cf école)
– la moindre qualité des programmes scolaires, en premier lieu
– le moindre niveau d’exigence, avec des notations trop larges
– la fin du redoublement obligatoire depuis 2014, ce qui amène des élèves qui n’ont pas de bases jusqu’au bac
– la perte d’autorité des professeurs, c’est-à-dire leur difficulté à pouvoir sanctionner les élèves fauteurs de trouble
– des sources de distractions omniprésentes via le téléphone portable en classe et au domicile de l’élève
Remarques:
Le niveau scolaire atteint par une personne n’est pas représentatif de son niveau de culture générale et d’ouverture intellectuelle.
La majorité des personnes très diplômées possèdent une faible culture générale.
En effet, elles oublient, après leurs études, presque tout ce qu’elles ont appris, en dehors de ce qui est nécessaire à l’exercice de leur profession.
A l’inverse, certaines personnes qui ont fait peu d’études possèdent une grande culture générale parce qu’elles apprennent tout au long de leur vie, notamment en lisant, en visionnant des reportages intéressants et en discutant avec d’autres personnes.
De même, une personne qui a étudié dans les années 2010 n’a pas nécessairement un moins bon niveau de culture générale qu’une personne qui a étudié dans les années 70, 80 ou 90.
Une culture qui n’est pas entretenue se perd largement.
Le principal facteur de culture générale est le désir d’apprendre et de comprendre.
3. Les facteurs aliénants
divertissement et publicité, réseaux sociaux, JT, débats politiciens
[Prendre pleinement conscience de l’anesthésie, du lessivage, de l’abrutissement causé par l’excès de divertissement]
Dans son ouvrage Se distraire à en mourir publié en 1985, Neil Postman explique en profondeur les conséquences du passage de l’ère culturelle du livre à celle de la télévision, depuis la Renaissance jusqu’aux années 80.
Ce livre est encore plus d’actualité aujourd’hui car la population passe beaucoup plus de temps devant les écrans que dans les années 80.
L’absorption dans le divertissement et les réseaux sociaux
● La multiplication des programmes de divertissement
Le goût pour le divertissement a toujours existé. Les Romains réclamaient déjà « du pain et des jeux », ce qui sous-entend qu’ils n’étaient pas intéressés par les activités culturelles.
Néanmoins, à partir des années 60, un intérêt conséquent pour la culture s’est développé chez une large part de la population. Cela provient d’un large accès à l’enseignement secondaire et supérieur, de la hausse du temps disponible et de l’augmentation de l’offre culturelle.
Par la suite, les programmes de divertissement se sont multipliés selon 4 grands paliers:
– dans les années 1980 avec le développement de la télévision, notamment les « séries américaines »
– dans les années 1990 avec la multiplication des chaînes de télévision par le câble et le satellite
– dans les années 2000 avec Internet (réseaux sociaux, jeux etc) sur l’ordinateur
– dans les années 2010 avec Internet sur le smartphone, accessible en permanence
Cela a entraîné une forte hausse du temps passé devant les écrans, à consommer des programmes de divertissement (sport professionnel, émissions de téléréalité etc).
● L’association avec la publicité abrutissante
De plus, ces programmes de divertissement dans l’espace numérique sont fortement assortis de publicité.
Il en est de même dans les lieux physiques de divertissement. Les panneaux publicitaires situés tout le long des terrains de foot ou de rugby ont été remplacés par des écrans aux messages changeants en permanence. Cela constitue une publicité beaucoup plus invasive qu’auparavant.
Néanmoins, cette dernière ne sera pas combattue car personne n’est obligé de regarder un match de foot.
● La nocivité dépend de la quantité consommée
Il ne s’agit pas de décrier les programmes de divertissement en tant que tels, bien que la publicité via les écrans soit mauvaise en soi.
Ces programmes peuvent servir à « se vider la tête », à arrêter de penser pendant un certain temps pour que le cerveau se repose. Il en va de même d’autres activités comme écouter de la musique.
Il s’agit de constater la forte augmentation de consommation de divertissement au cours des dernières décennies, et les conséquences négatives de cela sur la société.
Une comparaison peut être réalisée simplement avec la consommation de vin ou d’un autre alcool: si la consommation d’un verre de vin par jour n’est pas mauvaise pour la santé, consommer plusieurs bouteilles par jour est, par contre, très mauvais pour la santé physique et mentale.
Cela crée également des centres d’intérêt superficiels et artificiels, au détriment des choses profondes.
● Les réseaux sociaux
Ils constituent des outils de communication très pratiques.
Néanmoins, ils ont été pensés de manière à captiver les utilisateurs le plus longtemps possible, afin que ceux-ci consomment le plus possible de publicité, qui est la source de revenu de ces entreprises.
Pour cela, les réseaux sociaux ont développé le système des « like » et des notifications.
Lorsqu’une personne poste un message, une photo ou une vidéo, et qu’elle reçoit des « like », cela lui apporte une satisfaction immédiate qui la conduit à poster davantage de messages.
De plus, les notifications incitent à consulter très souvent ces sites. Cela est une source de déconcentration chez une personne en train de travailler ou de lire.
Une grande partie de la population a ainsi développé une addiction aux réseaux sociaux.
Elle passe une grande partie de son temps libre à « scroller » (passer d’un compte à un autre à la recherche d’une information distrayante).
De même, le téléspectateur « zappe » (passe très souvent d’une chaîne à l’autre).
Or, cette addiction est une aliénation car la personne, prise émotionnellement dans ce qui est devenu un besoin, ne ressent pas l’ampleur des conséquences négatives de cela.
Il existe de nombreuses caricatures à ce sujet, par exemple, celle-ci.
Suggestions d’utilisation des réseaux sociaux
Comptes associatifs
Les associations utilisent les réseaux sociaux afin de diffuser certaines informations.
Il est possible de faire un copier/coller sur un fichier Word des informations les plus intéressantes et du lien relatif au message, afin de conserver ces informations. Sans cela, il sera difficile de retrouver par exemple un article posté sur une page Facebook.
Comptes personnels
Quelques fois par jour suffisent.
Au-delà de cela, le temps passé est inutile. Il s’agit alors d’une addiction dommageable, qui réduit le temps de vie passé dans des activités bénéfiques.
Le pouvoir aliénant du journal télévisé…
Le journal télévisé est, par nature, aliénant.
Il en va de même des informations à la radio, bien qu’il n’y ait pas l’impact des images.
Cela lessive l’esprit du téléspectateur par le flux d’informations juxtaposées, d’importance très variables et généralement sans remettre ces informations dans leur contexte.
Le JT imprègne l’inconscient des téléspectateurs d’éléments peu intéressants: résultats de sport professionnel, vie privée des célébrités, faits divers, intempéries habituelles, politique politicienne.
Ces informations occupent une place prépondérante car elles génèrent de l’audimat car
– elles répondent au plaisir facile du divertissement,
– réveillent des instincts primaires de survie (concernant ce qui fait peur), ou
– stimulent de bas instincts de voyeurisme (pour ce qui est de la vie privée des célébrités et des faits divers).
Il génère de l’indifférence par la répétition d’images dramatiques de guerre, d’accidents, d’intempéries etc sans que le téléspectateur y soit réellement confronté. Ces informations finissent par lui sembler banales.
Le groupe Niagara a composé en 1991 la chanson J’ai vu qui exprime cela (paroles).
Les quelques informations intéressantes sont noyées dans une masse d’informations peu intéressantes.
Aussi, la majeure partie de la population n’est pas en état de réflexion devant l’actualité.
Elle est – gravement – en état de divertissement sans qu’elle ne s’en rende compte.
Par ailleurs, les JT ne sont pas neutres politiquement.
Cela a été particulièrement le cas avant l’élection présidentielle de 2002. Durant cette période, les JT accordaient une place prépondérante au thème de l’insécurité. Ce thème avait ensuite disparu des JT dès le lendemain de l’élection, avant de revenir des années plus tard.
Les JT ne sont pas plus neutres politiquement que ne le sont les journaux écrits, dont le positionnement politique est connu depuis longtemps. C’est également le cas pour les chaînes d’information en continu. Par exemple, la chaîne C News peut être classée clairement à droite.
… et des débats-pugilats politiciens
Par ailleurs, la plupart des débats entre politiciens sont érigés en spectacle de joutes verbales pour faire de l’audimat. Le but des politiciens participants est d’essayer de décocher des « punchlines » devant ridiculiser son adversaire. Cela se fait au détriment de la réflexion de fond et s’apparente davantage à du divertissement qu’à un programme enrichissant.
La plupart de ces débats entre politiciens ne sont même pas audibles tellement ces derniers parlent en même temps, en s’aboyant les uns sur les autres, au lieu de parler à tour de rôle.
Suggestions d’activités de remplacement
Il s’agit de retrouver des plaisirs plus profonds et durables que ceux liés aux programmes de divertissement et autres programmes lessivants.
Cela peut être la lecture de livres ou le visionnage de reportages intéressants.
Par ailleurs, l’espace physique apporte des sources d’équilibre plus fortes que l’espace numérique étriqué des réseaux sociaux et autres programmes de divertissement.
Toute la richesse d’un paysage ou d’une personne en face de soi est plus appréciable que ces divertissements, qui ne devraient occuper qu’une faible partie de notre temps libre.
Participer à des associations est également une activité plus intéressante que de consommer du divertissement.
Conséquences de cette forte exposition à des facteurs aliénants
Aujourd’hui, la population qui passe une grande partie de son temps libre devant des programmes de divertissement fortement assortis de publicité, ne peut pas ressortir indemne de cela, loin de là, et contrairement à ce qu’elle en croit.
L’humoriste Blanche Gardin a réalisé un sketch sur cela.
La population est donc nécessairement imprégnée de ces informations dans son inconscient, ce qui la pousse automatiquement, par addiction, à consommer à nouveau des programmes de divertissement, ainsi que la publicité associée.
Le divertissement a pris autant de place dans l’espace mental de la société que la religion chrétienne jadis. Cependant, contrairement à la religion, il est vide de valeurs.
Cela contribue donc très fortement à « l’abrutissement des masses » que les intellectuels évoquaient dans les années 80 et 90, et qui a atteint un niveau très élevé. Cela ne concerne pas que les catégories populaires, mais l’ensemble des catégories socio-professionnelles.
En langue anglaise, cela s’appelle le « brainrot » qui signifie « pourrissement du cerveau ».
Cette absorption dans le divertissement, notamment dans l’espace numérique, ne semble pas rendre la société plus heureuse. Le nombre important de personnes en souffrance psychologique témoigne de cela, notamment chez les jeunes. Une partie de ceux-ci subissent de plus l’écoanxiété (le fait de savoir que les conditions environnementales vont être de plus en plus dégradées).
En 1985, dans sa chanson Vie par procuration [devant son poste de télévision], Jean-Jacques Goldman exprimait déjà certaines conséquences négatives de la télévision. Cette chanson décrit un personnage qui vit devant la télévision, par identification aux vedettes des séries télé ou du sport professionnel, sans réalisation personnelle.
Par l’absorption dans le divertissement, la société a perdu une grande partie de sa culture générale, de son vocabulaire critique, et est devenue très vulnérable face aux techniques de manipulation.
2. Acquérir ou retrouver une certaine culture générale
1. S’informer, apprendre par le format écrit
La grande supériorité de l’écrit sur l’audiovisuel
Le format écrit permet d’acquérir des connaissances de manière bien plus efficace que le format audiovisuel.
Ce dernier est néanmoins utile dans certains cas, par exemple afin de présenter un exercice physique, ou une technique de travail.
Le format écrit permet de conserver une mémoire visuelle des connaissances.
Il permet également de réviser ce qui a été lu, ce qui est indispensable dans le processus d’acquisition de connaissances.
A contrario, la quasi totalité des informations acquises en visionnant une vidéo sont rapidement oubliées.
Lors de la lecture et de la relecture, il est également possible et nécessaire de s’arrêter pour évaluer la pertinence de ce qui est écrit, et pour effectuer un lien avec ses propres connaissances. Cela est également indispensable dans le processus d’acquisition de nouvelles connaissances.
La lecture d’un texte écrit est également plus rapide que l’écoute d’un même document audio.
La lecture et la révision de grandes œuvres, ainsi que celle de manuels scolaires, d’atlas et de sites internet tels que Wikipédia permettent d’acquérir des BASES.
A contrario, une personne qui papillonne sur les réseaux sociaux ne récolte que des bribes de connaissances qu’elle ne peut pas relier à des bases et qu’elle finit donc par oublier.
Le format audiovisuel tire son attrait du fait qu’il ne demande pas d’effort, contrairement à la lecture.
Il permet à des « diffuseurs de contenu », notamment des « youtubeurs » d’être rémunérés indirectement par Youtube, cette société étant elle-même rémunérée par de la publicité.
Transcrire certaines vidéos intéressantes en textes
Les plateformes audiovisuelles telles que YouTube contiennent des vidéos intéressantes: interviews, reportages, et autres présentations de livres intéressants.
Il s’agit de parcourir brièvement ces vidéos pour sélectionner les plus intéressantes, puis de transcrire celles-ci en textes.
Suggestions pour transcrire les vidéos en textes
Télécharger la vidéo par le site savefrom.net ou par le site vidssave ou son téléchargeur Youtube (ou par la version payante de YouTube).
Utiliser ensuite le site riverside pour transcrire la vidéo en texte. Il est généralement plus pratique d’utiliser ce site en matinée lorsque les serveurs sont peu occupés. Faire ensuite un copier/coller du texte recueilli sur Word.
Ensuite, lors de la lecture, il est nécessaire de mettre en évidence les passages intéressants, par exemple en les surlignant. Utiliser éventuellement 2 couleurs pour souligner les passages importants et les passages très importants. Cela permettra de pouvoir se référer ensuite facilement à ces passages.
Il est également utile de conserver le lien vers la vidéo d’origine comme preuve de ces sources d’informations.
S’il s’agit d’un reportage ou d’un exposé, cela permet également d’en retrouver les images.
Nommer le document par un titre explicite et le ranger dans une bibliothèque numérique personnelle, organisée par thèmes.
De même, lorsque l’on se rend à une réunion ou à une conférence, il est nécessaire de prendre des notes afin de pouvoir les relire, sans quoi, les informations acquises sur le moment sont très vite oubliées.
Les limites de la presse généraliste mainstream*
* les journaux les plus lus
● Les articles sans intérêt
Les articles relatifs aux faits divers, aux intempéries, au divertissement, aux sondages politiques, et à la politique politicienne occupent désormais une place prépondérante dans les journaux, répondant ainsi à l’évolution des attentes des lecteurs.
Les faits divers les plus « croustillants » du monde entier sont même repris dans un journal local tel que La Dépêche du Midi.
A cela s’ajoutent désormais une grande partie d’articles spéculatifs inutiles, notamment sur ce que pourrait annoncer un dirigeant politique.
● Les communiqués de presse
Il est également fréquent de trouver des (pseudo) articles de journaux qui sont en réalité des communiqués de presse, sans que cela ne soit mentionné. Il s’agit, dans ces cas, de textes rédigés par des services de communication, et transmis au lecteur sans aucune revue critique journalistique.
Il existe aussi des cas dans lesquels cela est dument mentionné.
● Le journalisme dit « de préfecture »
Il s’agit de journalisme reprenant les discours officiels sans analyse critique, ce qui constitue une forme de propagande. Cela provient des liens entre les politiques et les directeurs de journal.
Cependant, la presse est sensée exercer un certain contre-pouvoir comme le rappelle la Charte d’éthique professionnelle des journalistes de 1918, remaniée en 1938 et 2011.
● Conséquences
L’espace journalistique accordé sujets peu intéressants se fait au détriment de celui relatif aux sujets intéressants. Une presse de qualité devrait traiter davantage des décisions politiques (lois, décrets etc) et de ce que cela implique pour la population.
Par ailleurs, les articles de fond, proposant des analyses sont devenus rares. Cela est dû au fait qu’ils sont peu rentables à cause de leur coût important par rapport à un nombre limité de lecteurs.
Cela génère un cercle vicieux à l’échelle de la société: moins la population s’intéresse aux sujets de fond, moins il y a d’articles de fond, moins la population s’intéresse aux sujets de fond.
● Une solution qualitative dans la gestion de Google actualités
Cela permet de parcourir un panel d’actualités sans être pollué par certains thèmes tels que les informations « People » ou « Sports », ainsi que par certains journaux.
Pour cela, cliquez sur les liens comprenant le sigle » > « , décocher des favoris ce que l’on ne souhaite plus voir.
Par ailleurs, pour chaque article, cliquer sur les 3 petits points verticaux et indiquer « masquer tous les articles de… », ou « moins d’articles comme celui-ci » ou « plus d’article comme celui-ci ».
Cela permet de consulter une page de titres d’articles beaucoup plus intéressante que la page de base.
Les avantages de la presse écrite de qualité
La presse écrite reste, par nature, d’un intérêt très supérieur à la presse audiovisuelle car elle permet au lecteur de s’extraire du flux général d’informations pour sélectionner uniquement les articles qui l’intéressent. Le lecteur est alors dans une démarche intellectuelle active de recherche d’informations.
La presse écrite numérique permet également de se référer à des articles précédents sur le même thème.
Les recherches personnes peuvent permettre de compléter des informations contenues dans un article.
A contrario, le téléspectateur ou auditeur, est dans une démarche intellectuelle passive dans laquelle il intègre peu d’informations.
Par ailleurs, il est souvent intéressant de lire les commentaires relatifs à un article.
Certes, la plupart des commentaires ne sont pas intéressants, mais certains d’entre eux le sont. Il arrive qu’ils soient même être plus intéressants que l’article en lui-même.
Il est tout de même nécessaire de repérer les faux commentaires, qui sont écrits par des services de communication ou des lobbyistes, qui ne sont pas sincères. Ces faux commentaires sont généralement vides de fond ou sont totalement orientés.
Au niveau local, le site « Scoop it Aure-Louron » effectue de la « curation de contenu ».
Il sélectionne les informations les plus intéressantes parues dans la presse locale. Il publie également des informations en provenance des collectivités locales, et écrit ses propres articles.
La presse écrite spécialisée est également restée d’un bon niveau.
Suggestions d’utilisation de la presse écrite
Comme pour les vidéos, il s’agit d’enregistrer les articles intéressants sur un document Word, et de surligner les passages les plus intéressants afin de pouvoir s’y référer ultérieurement.
Enregistrer également les commentaires les plus intéressants relatifs à ces articles.
2. Retrouver un certain niveau en Français, notamment en vocabulaire
Culture littéraire de base
[Revisiter les classiques pour maintenir ses bases de culture générale]
● Les œuvres des grands écrivains français (La Fontaine, Molière, Hugo etc)
sont moins enseignées qu’auparavant et sont donc moins connues.
Ceux-ci sont d’ailleurs devenus nettement moins connus que certains joueurs de foot !
Les grands écrivains étrangers sont également à connaître: Shakespeare, Goethe, Cervantes, ainsi que les grands auteurs d’autres civilisations.
Les œuvres de La Fontaine constituent des leçons de vie: par exemple Le corbeau et le renard, Le héron, La cigale et la fourmi. Celles de Molière nous expose les vices des hommes: Dom Juan, Le Tartufe, Le malade imaginaire, Les précieuses ridicules etc. Hugo nous enseigne l’empathie: Le mendiant etc
Le récit touche notre imaginaire, ce qui apporte une grande force à ces textes, dans les messages qu’ils veulent faire passer.
Ces œuvres avaient ainsi contribué à construire une certaine sagesse et une certaine psychologie populaires.
● Les grandes dystopies (ou romans d’anticipation) Le meilleur des mondes d’Huxley (1932) et 1984 d’Orwell (1949)
sont des bases importantes pour les personnes qui s’intéressent à la chose publique.
Ces œuvres se voulaient des avertissements face aux dérives sociétales que pourrait entraîner le progrès technique, et face aux formes de totalitarisme qui pourraient se développer.
Ces deux romans décrivent une population inculte car elle n’a pas accès aux références culturelles. Cela la rend incapable de contester le pouvoir en place.
Extrait de 1984, partie 1, chapitre 7: « Le travail physique épuisant, le souci de la maison et des enfants, les querelles mesquines entre voisins, les films, le football, la bière et, surtout, le jeu, formaient tout leur horizon et comblaient leurs esprits. Les garder sous contrôle n’était pas difficile. […] Même quand ils se fâchaient, leur mécontentement ne menait nulle part car il n’était pas soutenu par des idées générales. Ils ne pouvaient le concentrer que sur des griefs personnels et sans importance«
Une grande partie de la société actuelle ressemble à celle qui est décrite dans Le meilleur des mondes. Il s’agit d’une société qui consomme des loisirs insipides, qui baigne dans le confort matériel en permanence, et qui soigne son mal-être par des médicaments.
La Chine actuelle ressemble à ce qui est décrit dans ces dystopies: villes gigantesques, écrans publicitaires omniprésents, population conditionnée qui ne pense pas à une quelconque critique du gouvernement étant donné ce qu’elle subirait en retour, caméras de surveillance omniprésentes.
Les Etats-Unis sous Trump se rapprochent de ce modèle, bien que la liberté d’expression demeure chez les citoyens.
● Les figures de style
sont également moins bien connues: métaphore, allégorie, métonymie, litote, euphémisme, antiphrase, périphrase, anaphore, antonomase etc. Ces figures de style permettent de donner de la force à un propos.
Vocabulaire critique
[Retrouver ou acquérir ce vocabulaire indispensable à une critique raisonnable de la société]
Les mots suivants (et autres mots associés: adjectif par rapport au nom commun etc) sont devenus de plus en plus rares dans l’espace médiatique et politique:
[Leur définition peut être retrouvée sur le site du CNRTL (Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales)]
● sur les mentalités
mentalité, esprit, âme, dignité – indignité, vice – vertu, le bien – le mal, morale, éthique, bassesse, ignominie, perversion, comportement de bas étage, compromission, cynisme, bienveillance – malveillance, lâcheté – courage, générosité – égoïsme, superficialité – profondeur, vacuité, désœuvrement, vanité, fatuité, pérorer, ne pas voler haut, être au raz des pâquerettes, hypocrisie – sincérité, arriéré, obédience, dogme – dogmatique, obtus, avoir des œillères, carcan idéologique, remise en question, capacité d’écoute, mégalomanie (de certains dirigeants).
● sur les relations humaines
respect, décence, savoir se tenir, empathie, courtoisie, délicatesse, attention, gentillesse – méchanceté, aigreur, animosité, acariâtre, hargneux, rageux.
● sur la connaissance
inculture, ignorance crasse, ignare, incompétence, illettrisme, bêtise, sottise, ridicule, niaiserie, lapalissade, poncif, platitude, un classique, un chef d’œuvre.
● sur la société
se faire bouffer par (la télé, les réseaux sociaux etc), perte de valeurs, délitement, déliquescence, déclin, régression, décadence, médiocrité, inconsistance, laisser-aller, incurie, inconséquence, imprévoyance, essentiel – superflu, gaspillage, consumérisme, futilité, cupidité, hédonisme, matérialisme – idéalisme, humanisme, obédience, sobriété, élégance, émerveillement, épanouissement, intérêt général, bien-fondé, clientélisme, citoyenneté, encarté, sacrilège, anachronique, rétrograde, barbarie.
● sur la manipulation
manipulation, conditionnement, subliminal, endoctrinement, démagogie, enfumage, abrutissement, crétinisation, lobotomisation, lessivage des esprits, infantilisation, aliénation, aveuglement, cécité, engourdissement, tartufe – tartuferie, baratin, roublardise, bagout, artifice, factice, sophisme, langue de bois, courtisan, flagorneur, obséquieux, mielleux, combine, tromperie, escroquerie, malversation, faire la danse du ventre, piège à cons, idiot utile, tomber dans le panneau.
Ces mots ont largement disparu de l’espace médiatique parce qu’ils servent à critiquer le système consumériste, qui est fondé sur la publicité, qui est la source de revenu de ces médias.
L’importance de ce vocabulaire
Ces mots, qui étaient largement utilisés jusqu’aux années 90, sont nécessaires à un esprit critique.
Ils permettent de pouvoir caractériser, en partie, l’évolution de la société depuis les années 70 jusqu’à aujourd’hui.
Cette perte de vocabulaire a diminué considérablement les ressorts intellectuels de la société pour lutter contre les aberrations de ce monde.
3. Compléments sur la manipulation par le langage
[Reconnaître ces techniques de manipulation par le langage, afin de ne pas les subir]
Le remplacement de certains mots
La propagande (terme péjoratif) d’hier est devenue « marketing politique » (termes plutôt laudatifs).
Par ailleurs, certains mots connotés trop négativement étaient dérangeants pour une partie de la population.
Ils ont été remplacés par des acronymes au moindre impact émotionnel.
Ainsi, « clochard » a été remplacé par « SDF » et « bourgeois » a été remplacé par « CSP+ ».
Le galvaudage de certains mots
Certains mots sont désormais galvaudés* dans l’espace médiatique et dans l’espace public, par des professionnels de la communication.
* définition du CNRTL (Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales): « Affaiblir la portée, la valeur d’un mot par le mauvais emploi qu’on en fait ».
Par exemple, un bon joueur de foot est qualifié de « génie » réalisant un « chef d’œuvre » par le commentateur dès lorsqu’il réalise un match remarquable.
De même, le mot « mythique » est très souvent employé par les services de communication des collectivités, pour essayer de valoriser un lieu, même si celui-ci ne présente qu’un intérêt local.
Le terme de « vendeur » a été remplacé par celui de « conseiller ».
Ce galvaudage des mots se retrouve aussi dans l’espace physique.
Ainsi, certaines agences immobilières se nomment « cabinet immobilier », car cela possède une connotation sérieuse, évoquant le monde médical ou du notariat.
La population finit par intérioriser ces mots galvaudés à force de les voir ou de les entendre, d’autant plus que son esprit critique est faible par manque de vocabulaire et de culture générale.
Ainsi, chez une partie de la population, cela fait perdre le sens de certains mots, qui permettaient de prendre la mesure de ce qui est important et de ce qui ne l’est pas.
Mots et expressions inventés contre les défenseurs de l’environnement
Il s’agit d’une technique de manipulation de l’opinion employée contre les défenseurs de l’environnement.
« Ecoterroriste » désigne des militants écologistes qui s’opposent à certains aménagements.
Ce mot n’a bien sûr aucun sens, le terrorisme évoquant des massacres humains, ce qui n’a rien à voir avec l’action de ces militants.
« Ecologie punitive » est également totalement démagogique. Il est tout à fait normal qu’un produit soit taxé à hauteur de la pollution qu’il génère.
Il y a quelques décennies, ces néologismes auraient été considérés comme ridicules.
Aujourd’hui, dans le contexte de lessivage et d’inculture d’une grande partie de la société, ces mots circulent régulièrement dans l’espace médiatique et politique.
Aux Etats-Unis, l’administration Trump
supprime l’usage des mots liés au réchauffement climatique
dans les rapports officiels.
A la manière de Big Brother dans le roman d’anticipation 1984 de Georges Orwell, l’administration Trump supprime ces mots afin que la population ne les aie pas à l’esprit.
En pratique, les scientifiques qui publient des rapports incluant des mots tels que « réchauffement climatique » voient leurs subventions coupées. cf article de presse.