CHALEUR BAS CARBONE

Isolation

Quels que soient les moyens de chauffage et de climatisation employés, une très bonne isolation est indispensable.

Les pompes à chaleur

Utilisées depuis longtemps, elles permettent un gain important par rapport au chauffage électrique classique: de 1 à 2-3 pour les échangeurs air-air et de 1 à 5-6 pour les échangeurs sol-air ou eau souterraine – air.
Les échangeurs air-air, qui puisent les calories dans l’air extérieur sont d’autant plus efficaces que l’air extérieur est doux. A l’inverse, la température du sol et des eaux souterraines reste constante à environ 13 degrés en France.

Le solaire thermique avec stockage annuel

Il s’agit d’une solution utilisée en Europe du Nord.

Le solaire thermique est largement utilisé pour la production d’eau chaude. Cela est moins utilisé pour chauffer les habitations. En France, les pompes à chaleur se sont imposées sur le marché des énergies renouvelables thermiques à partir des années 2000.
Elles présentent l’avantage de pouvoir être utilisées en chauffage comme en climatisation, qui est de plus en plus nécessaire.
Le solaire thermique reste très utilisé dans les pays méditerranéens, bien ensoleillés, même en hiver.

Le solaire thermique avec stockage annuel est une solution intéressante à condition d’utiliser un grand réservoir annuel permettant d’alimenter un écoquartier.
En effet plus le réservoir de stockage est important, moins les pertes thermiques sont importantes.
Comme preuve de cela, imaginons un réservoir cubique de côté C, sa surface égale à 6C2 alors que son volume est égal à C3. Lorsque le côté du cube augmente, son volume augmente donc beaucoup plus vite que sa surface de contact occasionnant les pertes thermiques.

Cela évite donc le recours à des moyens de pointe polluants (gaz ou bois). Cette solution a été peu développée tant que le coût du gaz (et du bois) était faible, mais les perspectives de hausse durable du coût de l’énergie devraient conduire à une reconsidération de cette solution. Du moins, des études indépendantes devraient faire à nouveau le point sur le coût de cette solution par rapport aux autres solutions de chauffage.

La biomasse

Le bois est une source d’énergie locale, mais peu écologique.
Il ne s’agit pas d’une source d’énergie bas carbone car une grande quantité d’énergie est consommée par les engins forestiers lors de la coupe du bois, puis lors du transport par camion, d’autant plus que la distance parcourue est importante. Il faut également prendre en compte le fait que ces engins puissants ont généré d’importantes émissions de GES lors de leur fabrication.

La centrale à biomasse de Gardanne (150 MW) dans les Bouches du Rhône utilise du bois en provenance de France, d’Espagne, du Portugal, d’Italie et du Brésil cf article. Cela est totalement aberrant car le bois venant de loin, par camions, possède un impact carbone important.

De plus, la ressource en bois va diminuer en France, étant donné le réchauffement climatique.
Dans une grande partie du Sud de la France, la végétation de l’ancien climat océanique tempéré laisse sa place à une végétation moins dense, de type méditerranéen.

Que ce bois soit brûlé ou se décompose au sol, il libèrera du CO2 sans que le stock précédent soir reconstitué.
L’utilisation de la biomasse forestière pour le bois d’œuvre et des matériaux d’isolation, est donc le seul moyen de ne pas libérer de CO2.
Il faudrait également remettre dans la forêt les cendres du bois brûlé pour ne pas appauvrir le sol.

Le chauffage au bois devrait donc être utilisé uniquement en période de pointe, lorsque la production éolienne est insuffisante pour alimenter les pompes à chaleur, ou lorsque le rendement des pompes à chaleur est faible en période de froid intense. Cela nécessite la mise en place de tarifs variables de l’électricité en fonction des conditions météorologiques incitant la population à utiliser au maximum des pompes à chaleur.
La tarification « jours de pointe » d’EDF répond déjà à cela.

Il en va de même du bioéthanol.
Aussi, la politique concernant le bois énergie doit être complètement revue.
Au niveau domestique, le bois énergie devrait donc être toujours couplé à des pompes à chaleur ou à du solaire thermique, contrairement à ce qui est pratiqué.

De même, au niveau industriel, les centrales à biomasse produisant de l’électricité devraient également fonctionner uniquement en période de pointe. Or, la centrale à biomasse de Gardanne fonctionne 4.000 heures par an, soit un facteur de charge de 46%. Cela est beaucoup trop. Il est prévu que la future centrale à biomasse de Saint Avold fonctionne également 4.000 heures par an.

En conclusion, la politique européenne et française sur le bois énergie est très mauvaise et doit être entièrement revue.