CHALEUR BAS CARBONE
Les pompes à chaleur
sont utilisées depuis longtemps. Elles permettent un gain important par rapport au chauffage électrique classique: de 1 à 2-3 pour les échangeurs air-air et de 1 à 5-6 pour les échangeurs sol-air ou eau souterraine – air.
Les échangeurs air-air, qui puisent les calories dans l’air extérieur sont d’autant plus efficaces que l’air extérieur est doux.
Le solaire thermique avec stockage annuel
est une solution utilisée en Europe du Nord.
Le solaire thermique est largement utilisé pour la production d’eau chaude. Cela est moins utilisé pour chauffer les habitations. En France, les pompes à chaleur se sont imposées sur le marché des énergies renouvelables thermiques à partir des années 2000. Le solaire thermique reste très utilisé dans les pays méditerranéens.
Le solaire thermique avec stockage annuel est une solution intéressante à condition d’utiliser un grand réservoir annuel permettant d’alimenter un écoquartier.
En effet plus la masse (et donc le volume) de stockage est important, moins les pertes thermiques sont importantes.
Cela évite donc le recours à des moyens de pointe polluants (gaz ou bois). Cette solution a été peu développée tant que le coût du gaz (et du bois) était faible, mais les perspectives de hausse du coût de l’énergie devraient conduire à une reconsidération de cette solution. Du moins, des études indépendantes devraient faire à nouveau le point sur le coût de cette solution par rapport aux autres solutions de chauffage.
La biomasse
Le bois est une source d’énergie locale, mais peu écologique.
Il ne s’agit pas d’une source d’énergie bas carbone car une grande quantité d’énergie est consommée par les engins forestiers lors de la coupe du bois, puis lors du transport par camion, d’autant plus que la distance parcourue est importante. Il faut également prendre en compte le fait que ces engins puissants ont généré d’importantes émissions de GES lors de leur fabrication.
La centrale à biomasse de Gardanne (150 MW) dans les Bouches du Rhône utilise du bois en provenance de France, d’Espagne, du Portugal, d’Italie et du Brésil cf article. Cela est totalement aberrant.
De plus, contrairement à ce qui est indiqué par les pouvoirs publics, le bois n’est qu’une énergie partiellement renouvelable car étant donné l’assèchement des sols lié au réchauffement climatique, une moindre quantité de biomasse repoussera là où des arbres auront été prélevés. Dans les Pyrénées centrales, la végétation de l’ancien climat océanique tempéré laisse sa place à une végétation moins dense, de type méditerranéen.
Néanmoins, le bois mort qui se décompose au sol libère également le CO2 qui avait été stocké dans le bois vivant.
L’utilisation de la biomasse forestière pour le bois d’œuvre et des matériaux d’isolation, est donc le seul moyen de ne pas libérer de CO2.
Il faudrait également remettre dans la forêt les cendres du bois brûlé pour ne pas appauvrir le sol.
Le chauffage au bois devrait donc être utilisé uniquement en période de pointe, lorsque la production éolienne est insuffisante pour alimenter les pompes à chaleur, ou lorsque le rendement des pompes à chaleur est faible en période de froid intense. Cela nécessite la mise en place de tarifs variables de l’électricité en fonction des conditions météorologiques incitant la population à utiliser au maximum des pompes à chaleur.
Il en va de même du bioéthanol.
Aussi, la politique concernant le bois énergie doit être complètement revue.
Au niveau domestique, le bois énergie devrait donc être toujours couplé à des pompes à chaleur ou à du solaire thermique, contrairement à ce qui est pratiqué.
De même, au niveau industriel, les centrales à biomasse produisant de l’électricité devraient également fonctionner uniquement en période pointe. Or, la centrale à biomasse de Gardanne fonctionne 4.000 heures par an, soit un facteur de charge de 46%. Cela est beaucoup trop. Il est prévu que la future centrale à biomasse de Saint Avold fonctionne également 4.000 heures par an.
En conclusion, la politique européenne et française sur le bois énergie est très mauvaise et doit être entièrement revue.