COMPÉTENCE DES ÉLUS

1. Modération préalable

Certaines collectivités sont bien gérées

Dans celles-ci, les dépenses sont maitrisées, et les investissements sont réussis grâce à des élus impliqués et talentueux. Les problèmes de sécurité routière y sont également traités correctement.

Le dévouement et la compétence de certains élus

Nombre de conseillers municipaux effectuent bénévolement un grand travail pour le bien de la communauté pour lequel ils doivent être honorés.
Dans les villages, seuls le maire et les adjoints sont rémunérés, alors que la rémunération devrait être en correspondance avec le nombre d’heure de travail et les responsabilités assumées.
Ce travail est donc ingrat car il est généralement peu reconnu par la population.
Certains adjoints effectuent également un travail remarquable par rapport aux indemnités modestes qu’ils perçoivent.
Les maires perçoivent des indemnités plus conséquentes, généralement en rapport avec le travail qui leur est confié.

Des élus à l’image de la société

Les élus ne sont généralement ni meilleurs ni pires que la plupart des autres personnes.
Comme elles, ils sont avant tout le produit de la société dans laquelle ils évoluent.

Le manque de capacité d’écoute n’est pas propre à certains élus. Il s’agit d’un phénomène général.
Cf évolution sociétale

Par ailleurs, une grande partie des électeurs possède également un certain cynisme: celui de la prime à la corruption, c’est-à-dire que les politiciens les moins vertueux (ceux ayant fait l’objet de condamnations, ou ayant été mêlés à nombre d’affaires) sont souvent les mieux élus.
Les Inconnus avaient réalisé un sketch traitant de cette prime à la corruption ainsi que des questions de bas étage posées par les journalistes.

De plus, lorsqu’un politique choisit d’élever le niveau d’une campagne électorale en soulevant des questions pertinentes, cela ne lui est pas forcément favorable. En effet, d’autres candidats, qui choisissent de faire de la démagogie et du clientélisme, peuvent réaliser un bien meilleur score.

2. Facteurs humains négatifs dans certaines collectivités

Cela est une conséquence de la perte de valeurs et d’ouverture intellectuelle de la société au cours de ces dernières décennies cf évolution sociétale.

1. L’Incurie

« Indifférence et manque total de soin ou d’application dans l’exercice d’une fonction ou dans l’exécution d’une tâche ». (CNRTL)
Dans certaines communes, nombre de suggestions de citoyens restent lettre morte.
Aucune réponse n’y est apportée, même lorsqu’il s’agit de problèmes de sécurité ayant entraîné des accidents graves.

Cette incurie se manifeste en particulier dans les domaines qui n’intéressent pas l’édile, qui « fait ce qu’il a envie de faire » dans les domaines qui l’intéresse.

2. La logique de clan

Un manque de débat sincère

Seule une minorité d’élus s’expriment de manière indépendante et sincère, dans l’intérêt général, lors des assemblées. En effet, la plupart des élus s’alignent systématiquement derrière la position de leur chef, quelle qu’elle soit, selon une logique de clan, au mépris de l’intérêt général. Cela est d’autant plus le cas lorsque le chef possède un pouvoir important résultant de multiples mandats au sein de diverses collectivités.
Ainsi, ces élus ne risquent pas de se faire mettre à l’écart du groupe par leur chef, et de perdre certaines prérogatives ou certaines facilités pour leur collectivité. Ceux qui versent dans cette logique de clan peuvent être qualifiés de « vendus ».
Il faut saluer l’honnêteté intellectuelle et le courage de la minorité d’élus qui, au sein d’un groupe, osent poser des questions et dire leur désaccord sur certains points.

Le manque de réactions des citoyens contribue également à un manque de débat.
Certains citoyens, employés dans une collectivité territoriale ne peuvent pas s’exprimer publiquement car leur emploi dépend directement d’un élu. Ils peuvent également être soumis à un devoir de réserve. D’autres ne peuvent pas se le permettre non plus car ils travaillent dans un secteur d’activité qui dépend fortement des décisions des élus locaux.
D’autres citoyens pourraient, au contraire, s’exprimer, mais ne le font pas, par crainte irrationnelle « de se faire mal voir » par le maire ou d’autres élus.

Ce manque de débat sincère, et donc d’approfondissement des dossiers au sein de certaines collectivités a pour conséquence des réalisations de faible qualité, ce qui est une forme de dilapidation d’argent public.

Autres manifestations de la logique de clan

Cette logique de clan se manifeste aussi entre les différents échelons de collectivités, au sein d’un même parti ou d’un même bloc politique.
Ainsi, une mauvaise orientation de l’Europe ou de l’Etat est néanmoins appuyée par les majorités régionales départementales, et communales (par exemple le développement massif de l’hydrogène).
De même, un projet de mauvaise qualité porté par une commune peut se retrouver tout de même subventionné par l’Europe, l’Etat, la région, le département et la communauté de communes (par exemple certains centres thermoludiques).

Cette logique de clan dans le monde politique a toujours existé. Cependant, la perte de valeurs au cours de ces dernières décennies, l’a rendue particulièrement forte. De plus, l’incapacité de certains dirigeants politiques d’aujourd’hui à penser certains projets la rend d’autant plus préjudiciable.

Cette logique de clan se manifeste également entre certains élus et la population.
Ainsi, seules les personnes de l’entourage de certains élus sont réellement écoutées.

3. Un manque d’élus d’opposition

Il n’existe pas d’élus d’opposition (et ayant une attitude constructive) au sein du conseil municipal de nombreuses communes, alors que celles-ci font face à des enjeux importants. Cela limite grandement les débats sur les différents projets, ce qui en affecte la qualité.

4. Un manque de sincérité face aux résultats

Le manque de remise en question

Certains élus refusent de se remettre en question, et de corriger ce qui n’a pas été fait correctement, par crainte que cela affecte leur image publique ainsi que par fatuité (« satisfaction excessive et ridicule de soi-même » CNRTL).
Les conséquences de cela sont lourdes pour la collectivité.
Contrairement à une entreprise qui est obligée, pour sa survie, de contrôler ce qui a réussi et ce qui a échoué, et de corriger ses erreurs, la plupart des collectivités n’effectuent pas cela. Ainsi, certaines aberrations perdurent au lieu d’être corrigées.

L’illusion par la communication, le paraître

Certains élus sont « doués » en communication: en relationnel (être agréable aux autres) et en langue de bois (l’art de répondre de manière abstraite à une question concrète afin de « noyer le poisson ») et autres techniques de manipulation innées chez certains d’entre eux.
Coluche disait ainsi à propos de la langue de bois des politiciens « Quand un politicien a fini de te répondre, tu comprends plus la question que t’as posée ».
Cette roublardise s’inscrit dans une société du paraître, et leur confère une certaine image positive auprès d’une population qui ne peut pas porter de jugement avisé sur leur action car elle ne connaît pas le détail des dossiers.

Cependant, ces « facilités » de communication n’en font pas pour autant des élus compétents sur le fond des dossiers. Certains d’entre eux pourraient même être qualifiés de « spécialistes en relationnel, vides de fond ».

5. La propagande cynique

De nombreux élus ayant des responsabilités particulièrement élevées (présidents de communauté de communes, de département, de région, et de la république) dilapident sciemment l’argent public pour faire indirectement leur propre publicité.
Certains présidents de collectivités territoriales se plaignent également de ne pas recevoir suffisamment de dotations de la part de l’Etat, alors qu’ils dilapident des sommes très importantes pour faire leur propre propagande.

Un audit de ces dépenses de communication cyniques devrait être mené.

3. Un manque naturel de compétences spécifiques

Un manque naturel de compétences spécifiques

Certains élus se retrouvent de manière tout à fait fortuite à des postes de direction pour lesquels ils n’ont logiquement pas les compétences spécifiques nécessaires.
Par exemple, un maire peut se retrouver, de manière fortuite, président du conseil d’administration d’une station de ski ou/et d’un établissement thermoludique.

Pour cela, les qualités intellectuelles et relationnelles ne suffisent pas. Il faut un talent particulier pour le développement de ces activités. Cela provient notamment d’une certaine sensibilité, d’un certain goût pour ces activités et d’un certain talent d’entrepreneur. En effet, si n’importe quelle personne peut faire construire un bassin et y mettre de l’eau tiède, cela n’en fait pas pour autant un centre thermoludique de qualité. Idem pour les stations de ski, bases de loisirs, etc.
Loudenvielle a été un modèle de réussite économique parce que le maire et conseiller départemental, Michel Pélieu, a su faire construire des équipements touristiques novateurs et de grande qualité.
Il s’agit de l’exception qui confirme la règle que les élus n’ont pas les compétences spécifiques nécessaires à certaines fonctions.

Il est tout à fait normal qu’un maire, comme tout un chacun, n’ait pas un goût particulier pour toutes les questions auxquelles il est confronté.
Cependant, un maire qui n’a pas de compétence pour un sujet important concernant sa commune devrait pouvoir déléguer cela à un autre élu compétent. Il est de sa responsabilité de construire une équipe ayant des sensibilités, et donc des compétences diverses. Or, bien souvent, cela n’est pas le cas.
Il peut également consulter des habitants de la commune ayant une compétence particulière.

Des bureaux d’étude et autres consultants plus ou moins compétents et sincères

Force est de constater que l’implication de bureaux d’études et autres cabinets de conseil ne garantit en rien la qualité d’un projet, qui dépend en grande partie du talent des élus décisionnaires.
L’élu est responsable de choisir le bureau d’études qui concevra le projet voulu. Il en résulte que si un élu ne sait pas sélectionner un bureau d’études compétent, le projet ne sera pas réussi.

Par ailleurs, certains rapports de consultants comprennent des centaines de pages d’état des lieux et de théorie pour donner une apparence de volume de travail, mais proposent peu de solutions concrètes.
De plus, certains consultants semblent proposer des solutions à la mode, même si celles-ci ne sont pas pertinentes. C’est le cas par exemple des parcours de santé dans des jardins publics, comprenant des équipements de musculation qui ne sont pas non utilisés (car les personnes qui pratiquent la musculation se rendent dans une salle).

Enfin, certains bureaux d’études ne semblent fournir des études que pour justifier une décision prise arbitrairement par un élu. En pratique, ceux-ci se révèlent donc être davantage des chargés de communication que des experts indépendants.

Un audit au sein des différentes collectivités, sur le coût des cabinets de conseil et autres bureaux d’études par rapport aux résultats obtenus, serait nécessaire.

4. Conclusion

Nombre d’élus effectuent un travail remarquable.

Cependant, pour l’ensemble des raisons citées précédemment:
– l’incurie
– la logique de clan
– l’absence de remise en question face à de mauvais résultats
– la roublardise et le cynisme
d’autres font preuve de peu de souci pour l’intérêt général, et manquent gravement à leurs responsabilités.

Dans certaines collectivités, notre démocratie ressemble à une monarchie décadente, dans laquelle une sorte de monarque décadent décide de tout sans consultation de la population, selon son humeur, et sans analyse approfondie des questions, et avec l’accord tacite des autres membres du conseil municipal.
Celui-ci ne prend en considération que les rapports de force politiques.

Cela se traduit notamment par une certaine médiocrité dans les réalisations de la communes et un manque de maitrise des dépenses communales.

Les tentatives citoyennes de l’alerter sur certains problèmes ou possibilités d’amélioration restent vaines, et dans une très grande partie des cas, sans réponse.
Ses décisions sont « le fait du prince ».
La population en est réduite au bon vouloir de son prince.

Une législation devrait obliger les élus, sous peine d’être démis de leur fonction, à prendre en considération les remarques de la population et à y apporter une réponse sérieuse.
Un registre public accessible sur Ie site internet de la commune des remarques des citoyens (habitants de la commune ou autres) et des réponses apportées devraient être tenu.

D’un autre côté, nombre de citoyens ne s’intéressent pas à la chose publique cf évolution de la société – fin de page. Ils ne réagissent pas face aux problèmes patents qu’ils rencontrent au niveau local, ce qui n’incite pas certains élus à prendre leurs responsabilités.
Il existe également nombre de citoyens qui ne respectent pas les élus, proférant des insultes ou occasionnant des dérangements pour des raisons insignifiantes. Cela rend pénible le travail de nombreux élus.

Ainsi, les citoyens engagés sont obligés de constituer des associations et de porter des pétitions afin d’acquérir un certain poids politique permettant d’exercer un certain contre-pouvoir.