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5. Le choix entre le nucléaire et les renouvelables
Correction dans la présentation de la question
Le nucléaire, qui est un système de production presque complet, ne peut pas être remplacé seulement par les énergies variables éoliennes et photovoltaïques. Prétendre le contraire relève de la démagogie.
Il peut l’être par le système complet suivant:
– éolien + photovoltaïque + extensions de réseau afférentes
– interconnexions pour utiliser le « foisonnement » des énergies variables.
– stockage journalier par STEP et batteries
– effacements lors des périodes de surproduction (arrêt d’une partie des éoliennes, débranchement d’une partie des parcs photovoltaïques)
– back-up par (un peu) d’hydraulique de barrage à accumulation annuelle, (un peu) de centrales thermiques à biomasse (avec impact carbone et sur la biodiversité conséquent), beaucoup de centrales thermiques à gaz fossile (avec impact carbone fort) ou/et au charbon (avec impact carbone très fort).
Le potentiel du biogaz est très limité. Un développement massif de cela supposerait de réduire de manière importante les surfaces cultivées à des fins alimentaires, ce qui n’est pas concevable.
Le potentiel du gaz de synthèse à base d’hydrogène issu de l’électrolyse de l’eau, comme solution de stockage à long terme est élevé en théorie, mais son coût est prohibitif. Il est peu probable que ce coût devienne abordable à moyen terme.
Le coût des énergies variables, pour pouvoir être comparé à celui du nucléaire doit intégrer l’ensemble du système présenté ci-dessus. Comparer le coût du kWh éolien ou photovoltaïque « à la sortie du parc », avec celui du nucléaire « à la sortie de la centrale » n’a pas de sens.
Prise de position de ce site
Le nucléaire actuel, à uranium enrichi (en U235) n’est qu’une énergie de transition car les ressources en U235 sont très limitées (10% de la production actuelle mondiale d’électricité durant un siècle).
Le système actuel à base d’énergies variables n’est pas viable non plus sur le long terme.
En effet, le gaz fossile et le charbon servant de back-up aux énergies variables sont également en quantité limitée et génèrent d’importantes émissions de gaz à effet de serre. De plus, les éoliennes génèrent une pollution visuelle, sonore et électromagnétique importante. Les possibilités d’utiliser la biomasse en back-up sont limitées.
Voies d’évolution possibles:
– au niveau du nucléaire: la surgénération. On peut raisonnablement espérer qu’à partir de l’expérience des prototypes déjà réalisés, et avec les nouveaux outils informatiques, une solution industrielle puisse être trouvée.
– au niveau des système à base d’énergies variables: augmenter la capacité de stockage des batteries, les recycler, et adapter davantage la demande à la production des énergies variables. Cela doit permettre de réduire la dépendance aux énergies fossiles en back-up.
Orientations dans le monde et en France
● LES OPINIONS
Aujourd’hui en France, le nucléaire est un sujet qui divise toujours autant la classe politique.
La gauche radicale, à l’exception du Parti Communiste, veut en sortir.
La droite nationale veut le développer au maximum et demande l’arrêt du développement de l’éolien et le démantèlement progressif du parc.
Un large centre néolibéral a choisi de renouveler partiellement le parc nucléaire actuel avec le programme EPR.
L’opinion française (et mondiale) était défavorable au nucléaire suite à l’accident de Fukushima en 2011. Par la suite, elle est redevenue largement favorable à cette énergie.
Cela provient du fait que
– le souvenir de cet accident s’estompe.
– la population est exposée à un parc éolien important, dont elle subit les nuisances visuelles et sonores. En comparaison de cela, le nucléaire lui semble une source d’énergie aux nuisances faibles à modérées.
– la crise du gaz en 2022-2023, conséquence de la guerre en Ukraine, puis celle du pétrole en 2026, conséquence de la guerre en Iran. En comparaison de ces énergies fossiles, le nucléaire apparait comme une source d’énergie plus fiable.
● LES CHOIX
Aujourd’hui dans le monde, l’éolien et le solaire sont fortement développés.
A contrario, les nouveaux moyens réacteurs nucléaires sont peu nombreux.
Historiquement, cela provient du choix politique de certains pays européens de développer fortement les énergies renouvelables variables: d’abord le Danemark au niveau de l’éolien, puis l’Allemagne au niveau de l’éolien et du photovoltaïque.
Ce choix a été ensuite étendu à l’ensemble de l’Union Européenne et au monde. Un immense marché mondial s’est alors développé. Cela a permis de faire baisser fortement les coûts. Les très puissantes entreprises multinationales pétrogazières y ont pris des intérêts importants.
Dans tous les pays du monde, sauf en France, les installations solaires et éoliennes sont le moyen le plus simple de réduire rapidement la dépendance aux énergies fossiles.
Cependant, les énergies fossiles restent indispensables en back-up pour environ 1/3 de la production d’électricité, lorsque la production des variables est faible.
En France, l’enjeu est différent car la grande majorité de l’électricité est d’origine nucléaire.
Les systèmes à base d’énergies variables constituent une diversification du mix électrique français.
Cela a permis de mettre à l’arrêt de nombreux réacteurs en 2022-2023 afin de traiter rapidement les problèmes de corrosion sous contrainte.
En France, la mauvaise complémentarité actuelle entre nucléaire et renouvelables variables
La possibilité de modulation de la production nucléaire a été mise en place avant le fort développement des énergies variables. Cela permettait d’ajuster la production nucléaire à la baisse de la demande lors des périodes nocturnes, de week-end, et de vacances. Ces modulations restaient alors limitées.
Elles sont désormais beaucoup plus importantes suite à l’injection massive et variable d’électricité d’origine photovoltaïque et éolienne, qui disposent d’une priorité d’accès au réseau et de tarifs garantis.
Le fonctionnement des réacteurs nucléaires en suivi de charge partiel par rapport à la production des énergies variables présente l’avantage d’économiser de l’uranium, et l’inconvénient d’user davantage certains éléments des réacteurs, ce qui nécessite davantage de travaux de maintenance.
Un rapport d’EDF de février 2026 détaille cela.
La modulation nucléaire est également limitée pour des raisons techniques relatives au combustible. Un réacteur ne peut réduire et augmenter sa puissance qu’un nombre limité de fois, lors de chaque cycle de combustible.
Il est ainsi préférable que le back-up des énergies variables soit constitué de centrales à gaz, dont les coûts de modulation sont moindres.
Cependant, si le prix de l’uranium venait à augmenter fortement, ce qui finira par arriver étant donné la finitude de la ressource, il est possible que le fonctionnement des réacteurs (à l’uranium 235) en suivi de charge devienne économiquement pertinent.
La raison de ces mauvais choix
L’Union Européenne a imposé à la France des objectifs de taux d’énergies renouvelables dans le mix électrique.
Si cela est assez pertinent à l’échelle de l’Europe, appliquer cela dans le cas particulier de la France, dont l’électricité était déjà décarbonée n’avait pas de sens.
La France aurait dû ainsi refuser cette politique.
Plutôt que de subventionner les énergies éoliennes et photovoltaïques, la France aurait mieux fait d’investir davantage dans la rénovation thermique de l’habitat, la géothermie et augmenter la puissance des STEP.