CHALEUR BAS CARBONE

Isolation

Quels que soient les moyens de chauffage et de climatisation employés, une très bonne isolation est indispensable. Or, en 2026, la France compte encore 10% de résidences principales qui sont des "passoires thermiques" classées F et G au DPE (Diagnostic de Performance Energétique).
Les normes d'isolation dans l'immobilier neuf sont déjà exigeantes, au niveau de la RT 2012 appliquée de 2013 à 2021 puis de la RE 2020 appliquée à partir de 2022.

Les pompes à chaleur

Elles permettent un gain important par rapport au chauffage électrique classique: de 1 à 2-3 pour les échangeurs air-air et de 1 à 5-6 pour les échangeurs sol-air ou eau souterraine - air.
Les échangeurs air-air, qui puisent les calories dans l'air extérieur sont d'autant plus efficaces que l'air extérieur est doux.
A l'inverse, la température du sol et des eaux souterraines reste constante à environ 13 degrés en France.
Elles présentent le grand avantage de pouvoir fonctionner aussi en tant que climatiseur.

Le solaire thermique classique

Le solaire thermique est largement utilisé pour la production d’eau chaude. Cela est moins utilisé pour chauffer les habitations.
Le solaire thermique reste très utilisé dans les pays méditerranéens, bien ensoleillés, même en hiver.
En France, les pompes à chaleur se sont imposées sur le marché des énergies renouvelables thermiques à partir des années 2000.
Elles présentent l'avantage de pouvoir être utilisées en chauffage comme en climatisation, qui est de plus en plus nécessaire.
De plus, la géothermie présente l'intérêt d'être une source d'énergie beaucoup plus stable que le solaire thermique dont la production est très variable d'un jour à l'autre.

Le solaire thermique avec stockage annuel

Il s'agit d'une solution utilisée en Europe du Nord.

Le solaire thermique avec stockage annuel est une solution intéressante à condition d’utiliser un grand réservoir annuel permettant d’alimenter un écoquartier.
En effet plus le réservoir de stockage est important, moins les pertes thermiques sont importantes.
Comme preuve de cela, imaginons un réservoir cubique de côté C, sa surface égale à 6C2 alors que son volume est égal à C3. Lorsque le côté du cube augmente, son volume augmente donc beaucoup plus vite que sa surface de contact occasionnant les pertes thermiques.
Cela s'apparente à de la géothermie "boostée" par des apports de chaleur en été.

Cela évite donc le recours à des moyens de pointe polluants (gaz ou bois). Cette solution a été peu développée tant que le coût du gaz et du bois étaient faibles.
Cependant, les perspectives de hausse durable du coût de l’énergie peut conduire à une reconsidération de cette solution. Du moins, des études indépendantes devraient faire à nouveau le point sur le coût de cette solution par rapport aux autres solutions de chauffage.

La biomasse

Le bois est une source d’énergie locale, mais moyennement écologique.

Il ne s'agit pas d'une source d'énergie bas carbone car une importante quantité de carburant à base de pétrole est consommée par les engins forestiers lors de la coupe du bois, puis lors du transport par camion, d'autant plus que la distance parcourue est importante.
Il convient également de prendre en compte le fait que ces engins puissants ont généré d'importantes émissions de GES lors de leur fabrication.

Que ce bois soit brûlé ou se décompose au sol, il libèrera du CO2 sans que le stock précédent soir reconstitué.
L’utilisation de la biomasse forestière pour le bois d’œuvre et des matériaux d’isolation, est donc le seul moyen de ne pas libérer de CO2.
Il faudrait également remettre dans la forêt les cendres du bois brûlé pour ne pas appauvrir le sol.

De plus, la ressource en bois va diminuer en France, étant donné le réchauffement climatique.
Dans une grande partie du Sud de la France, la végétation de l’ancien climat océanique tempéré laisse sa place à une végétation moins dense, de type méditerranéen.

Le chauffage au bois (ou au gaz) devrait donc être utilisé uniquement en période de pointe, lorsque la production éolienne est insuffisante pour alimenter les pompes à chaleur, ou lorsque le rendement des pompes à chaleur est faible en période de froid intense. Cela nécessite la mise en place de tarifs variables de l'électricité en fonction des conditions météorologiques incitant la population à utiliser au maximum des pompes à chaleur.
La tarification "jours de pointe" d'EDF répond déjà à cela.

Il en va de même du bioéthanol utilisé dans des chaudières.

Aussi, la politique concernant le bois énergie doit être complètement revue.
Au niveau domestique, le bois énergie devrait donc être toujours couplé à des pompes à chaleur ou à du solaire thermique, contrairement à ce qui est pratiqué.

En conclusion, la politique européenne et française favorisant un usage intensif du bois de chauffage est très mauvaise et doit être entièrement revue.