PRUDENCE ÉCONOMIQUE
Il s’agit de se préparer à une probable poursuite de la baisse du niveau de vie, étant donné:
Une hausse inéluctable des prix de l’énergie
Les énergies fossiles bon marché (charbon, pétrole, gaz naturel) ont permis d’accéder au confort matériel actuel. Cependant, elles se raréfient car les gisements les plus importants et les plus accessibles ont déjà été largement exploités.
Il reste, au niveau mondial, d’importants gisements de charbon. Cependant, il s’agit de la source d’énergie la plus polluante: celle à plus forte émission de gaz à effet de serre et de particules fines par kWh généré.
De plus, la demande mondiale en énergie va continuer de croître étant donné la croissance de la population mondiale (notamment en Afrique) et la hausse du niveau de vie (notamment en Asie).
Pour pallier cela, les véhicules électriques ainsi que les énergies renouvelables variables photovoltaïques et éoliennes ont été fortement développés. Leur coût a nettement diminué lors de ces dernières années, à mesure qu’un gigantesque marché s’est développé.
Néanmoins, les énergies variables restent dépendantes des énergies fossiles.
Elles sont peu productives à certaines périodes, par exemple lors des épisodes anticycloniques hivernaux.
Ce sont alors principalement des centrales à combustible fossile (gaz et charbon, -le fioul devenant marginal-) qui prennent le relais pour produire de l’électricité.
Eliminer complètement ces combustibles fossiles en « back-up » nécessiterait d’effectuer un stockage de ces énergies variables. Celui-ci serait journalier (par batteries et STEP à un coût supportable) et sur le long terme (par hydrogène, à un coût aujourd’hui prohibitif) cf énergies décarbonées.
Les centrales thermiques à combustibles fossiles restent donc des compléments indispensables aux énergies variables photovoltaïques et éoliennes.
Par ailleurs, ces dispositifs de collecte d’énergie sont fabriqués avec des énergies fossiles.
Ils comportent également de grandes quantités de matériaux (béton, acier etc), nécessitant de l’énergie pour être fabriqués. Leur coût est donc très dépendant du prix de l’énergie.
Pour ces raisons, le coût à la construction de ces énergies variables s’était envolé lors de la crise énergétique de 2022-2023, avant de retomber par la suite.
Par ailleurs, une centrale nucléaire est beaucoup plus onéreuse à construire qu’une centrale à combustible fossile de même puissance. Cela provient notamment des très importants dispositifs de sécurité à mettre en œuvre.
L’avertissement de la forte inflation de 2022-2023
Celle-ci a été provoqué par la guerre en Ukraine, ayant entraîné la destruction de gazoducs qui approvisionnaient massivement l’Europe en gaz fossile russe.
Cela a généré une flambée des prix de l’énergie au niveau mondial, et une inflation généralisée.
La croissance économique n’est pas un indicateur pertinent pour mesurer l’évolution de la richesse d’un pays.
En 2022, la croissance officielle a été de 2,5% alors que la croissance de la population a été de 0,3% et que l’inflation a été de 5,2%.
En 2023, la croissance officielle a été de 1,1%, alors que la croissance de la population a été de 0,3% et que l’inflation a été de 4,9%.
La croissance du PIB par habitant corrigée de l’inflation est un indicateur beaucoup plus pertinent.
Celle-ci a été de -2,9% en 2022 et de -3,9% en 2023, soit près de -7% sur l’ensemble de ces deux années.
Cela correspond à un appauvrissement important, qui a affecté particulièrement les personnes à faibles revenus et les personnes à revenus moyens. Celles qui avaient opté pour un niveau de vie relativement élevé par rapport à leurs revenus (par exemple une grande maison sur un grand terrain grand, situé trop loin de leur lieu de travail, des établissements scolaires et autres commerces et services) ont été les plus touchées.
La population rurale sans voiture électrique est particulièrement concernée
La population rurale à faibles revenus ou à revenus moyens, et ayant un usage intensif de la voiture à moteur thermique, se retrouve particulièrement concernée par le risque d’une hausse du prix du pétrole
cf urbanisme.
En 2018, la hausse prévue du prix du carburant pour voiture par le relèvement de la TIPP (taxe intérieure sur les produits pétroliers) avait déjà déclenché le mouvement des gilets jaunes.
La hausse du prix du carburant lors de la crise de 2022-2023 est également une des principales causes de la forte hausse du vote en faveur de la droite nationale en zone rurale.
Les propriétaires dans certaines zones rurales non touristiques pourraient également voir la valeur de leur bien devenir faible pour cette raison du coût élevé de l’usage de la voiture.
Le coût des problèmes engendrés par le réchauffement climatique
Celui-ci sera important parce qu’à l’échelle mondiale, les émissions de gaz à effet de serre continuent à augmenter (+1% d’émissions de CO2 en 2025) et parce que la déforestation se poursuit.
Ce réchauffement climatique aura pour conséquences:
– des sécheresses générant une hausse du prix de l’eau et une baisse des rendements agricoles, se répercutant sur le prix des produits agricoles
Les sécheresses génèreront également une disparition de l’herbe en été, donc un sol mis à nu qui sera érodé par le vent. Les fortes pluies arrivant sur un sol très sec érodent également fortement les sols.
Cela se traduira par une baisse significative de la surface cultivable dans le Sud de la France.
– des incendies majeurs (avec perte de bois d’œuvre et de chauffage, et frais d’intervention des pompiers)
– des tempêtes et des inondations de plus en plus importantes (engendrant des coûts de réparation importants). La hausse des polices d’assurance pour les logements va donc se poursuivre.
Une population retraitée proportionnellement plus nombreuse
par rapport à la population active, qui devra supporter davantage de cotisations retraite.
Cela entraînera également une augmentation du coût du secteur de la santé.
Pour répondre à ce problème, la croissance continue de la population ne ferait que reporter et amplifier le problème sur les générations suivantes.
La croissance continue de la population sur une Terre de dimension finie et disposant de ressources finies est d’ailleurs physiquement impossible. Pourtant, il s’agit encore d’un sujet tabou.
Le niveau très élevé de la dette publique française
117% du PIB fin 2025
Cela ne permet plus d’utiliser le levier de la relance économique par l’investissement public, lorsque des difficultés économiques conjoncturelles apparaissent.
Cela a été largement utilisé dans le passé, alors que la dette publique restait soutenable.
Conclusion
Pour l’ensemble de ces raisons, il est évident que
notre société vit largement au-dessus de ses moyens,
qu’elle manque largement de prudence économique élémentaire.
Ceux qui se moquent de la sobriété nécessaire pour des raisons écologiques seront rattrapés un jour par des problèmes économiques liés au coût de l’énergie et à celui du réchauffement climatique.