PATRIMOINE NATUREL

Un patrimoine naturel magnifique à apprécier, protéger et valoriser

Préambule

Une grande partie de la population a perdu le goût pour la nature, à force de passer la plupart de son temps libre dans l’espace numérique, à consommer du divertissement addictif cf évolution sociétale.

1. Préservation des forêts

Forêts naturelles vs plantations

Il est ici question de forêts qui poussent naturellement, avec un écosystème riche composé d’arbres, de plantes, de mammifères, d’oiseaux, d’insectes, de mousses, de lichens, de champignons, de batraciens, de reptiles etc.

Les plantations en monoculture possèdent un écosystème très pauvre.
Les plantations d’épicéas en monoculture, par l’ONF dans les années 70, que l’on retrouve un peu partout sur le piémont, ont été un échec patent. Elles ont détruit l’écosystème notamment par l’acidification du sol. De plus, elles n’ont même pas été exploitées par manque de rentabilité. La raison de cela est que le pin cultivé dans les Landes est moins cher car il est très facilement exploitable.
Aujourd’hui une grande partie de ces arbres sont morts du fait de leur faible résistance aux maladies.

Les plantations de feuillus en polyculture constituent une activité raisonnable sur une partie de l’espace forestier.

Exploitation responsable des forêts

Afin de préserver l’écosystème forestier:

– les quantités prélevées devraient être raisonnables

– il convient de laisser une certaine proportion de vieux arbres et le bois mort, qui abritent une grande quantité d’insectes et de champignons spécifiques. Ils sont donc particulièrement importants pour la richesse de l’écosystème.
Aussi, les coupes rases, qui détruisent complètement l’écosystème sur cette surface devraient être interdites.

Le bois énergie devrait être utilisé au minimum.
Il s’agit de l’utiliser comme source d’énergie complémentaire d’autres énergies renouvelables (solaire thermique, géothermie) et non pas en chauffage principal cf Energies décarbonées – biomasse en bas de page.

Les récents projets portés par des industriels impliquent des prélèvements très excessifs.
Ils ont pour seul objectif le profit à court terme au mépris des écosystèmes, des paysages, et d’une gestion de la ressource forestière à long terme. Ils sont de plus très subventionnés et concernent des secteurs non essentiels tels que l’aviation cf projets Florian, kérosène de synthèse.

Protection de certaines forêts

Les « vieilles forêts » sont des forêts en « libre évolution » depuis longtemps.
Elles n’ont jamais été exploitées ou l’ont été il y a longtemps, permettant depuis cela à la plus grande partie de l’écosystème naturel de se reconstituer. Le cycle naturel forestier dans nos forêts locales est de 300 à 350 ans, par rapport à un cycle de récolte forestière qui dure entre 60 et 120 ans.

Elles comportent du « gros bois » (grands arbres vivants), des arbres morts restant sur pied, et des arbres morts au sol qui sont des sous-écosystèmes différents. Chacun abrite des espèces d’insectes et de champignons spécifiques. Le gros bois mort est plein de vie: mousses, champignons, insectes. Il constitue également l’habitat de certains oiseaux, et sert à la maintenance de l’humus cf ce dessin.
Les vieilles forêts sont donc le refuge de très nombreuses espèces, notamment d’insectes, de champignons et de plantes qui ne se développent que dans ce milieu.
Elles sont donc indispensables à la préservation de la biodiversité.
La richesse de biodiversité de ces vieilles forêts leur apporte un côté luxuriant et enchanté extrêmement appréciable.
Elles représentent seulement 4% du domaine forestier pyrénéen en Occitanie, et 0,5% des forêts de plaine.

Depuis 2019, le fond de dotation Forêts préservées, de type associatif, achète des parcelles forestières riches en biodiversité pour les laisser en libre évolution.
L’association Nature en Occitanie organise chaque année des sorties pédagogiques dans des vieilles forêts, dont une dans la vallée du Louron. Elle y explique de manière approfondie, le fonctionnement de cet écosystème. Ces sorties sont recommandées à tous les amateurs de nature qui souhaitent développer leurs connaissances dans ce domaine.

Le plaisir de se promener dans la forêt

Se promener dans une forêt est une IMMERSION dans la nature, dans « un autre monde » sans vue sur le monde urbanisé. Il en va de même dans les espaces naturels, de manière générale.
Aussi, pour ne nombreuses personnes, la forêt est un lieu de déconnexion, de ressourcement.

La forêt est le lieu de vie de nombreuses espèces végétales et animales.
Si elle est généralement calme durant la journée, elle est souvent très animée en début de matinée et de soirée, notamment par le chant des oiseaux, et par les animaux qui sortent à ces moments de la journée.

Suggestions de promenades dans de belles forêts

– forêt de pins à crochets de Cauterets,
sur le chemin du Pont d’Espagne au lac de Gaube (à 1 heure de marche, 300m de dénivelé)

– forêt de sapins au fond de la vallée du Louron, au départ du Pont de Prat, sur le chemin menant au refuge de la Soula (à 1h30 de marche, 500 m de dénivelé), sur lequel se trouvent les gorges de Clarabide et leur flore remarquable.

– forêts de hêtres têtards* de Bausen.
* qui ont été coupés il y a longtemps à quelques mètres du sol, et qui ont développé de nombreuses repoussent à partir de ce niveau.
Très beau circuit de 2h30 (400 m de dénivelé) dans le val d’Aran au niveau de la frontière.

– circuit du pic du Gar 5h30 (1100 m de dénivelé), en grande partie dans des cadres forestiers variés

Promenades agréables secteur Neste-Barousse

– route d’Aveux jusqu’au château d’eau
– piste Mauléon Barousse – Esbareich – Sost
– circuit entre Mauléon-Barousse et Cazarilh en passant par le lieu Laquet
– piste des falaises de Troubat vers l’ancienne carrière
– route de crète de Seich et route forestière vers Générest
– circuits au-dessus de Montégut en passant par le Crausse

– Mont Aspect (1849 m) depuis les Artigous
– Cap Nestes (1887m) depuis la station

Suggestions de promenades dans de beaux endroits avec des arbres et des bancs, immédiatement accessibles

– parc de Capvern les Bains: chênes et hêtres (circuit plat de 15 minutes, immédiatement accessible depuis la piscine ludique municipale -ne pas confondre avec le centre Edenvik-).

– parc de la tour médiévale de Cadéac (au-dessus d’Arreau)

– jardin Massey (Tarbes)

Prudence par rapport aux tiques

Certaines tiques sont vectrices de la maladie de Lyme, qui peut générer des complications graves si elle n’est pas traitée rapidement. 39.000 cas ont été diagnostiqués en France en 2023.
Il est possible d’attraper des tiques lors de tout contact avec la végétation: en s’asseyant sur un rocher, lors du passage dans des herbes hautes (en particulier les fougères qui en sont très porteuses), mais aussi en touchant par le haut du corps des petites branches d’arbres (il s’agit souvent de noisetiers).

Il est fortement recommandé de porter des pantalons de couleur claire afin de repérer plus facilement les tiques qui s’y accrochent.
Dans un premier temps, durant la promenade, et au retour de celle-ci, il est essentiel d’inspecter ses pantalons et ses jambes. Ensuite, au moment de la douche, tout le corps doit être inspecté, y compris les parties peu visibles (le cou, le dos, le pli de l’aine etc).
Lorsqu’une tique est plantée sur la peau, elle doit être enlevée délicatement avec une pince à épiler, afin de ne pas laisser la tête.
Il est ensuite nécessaire de contrôler cette zone, durant 1 mois. Le développement d’un cercle rouge, dit érythème, est caractéristique de cette maladie. Celle-ci doit être immédiatement soignée par un traitement antibiotique prescrit par un médecin.
Cependant, ce symptôme n’apparait pas toujours. Aussi, cette maladie est parfois difficile à détecter à partir de symptômes généraux tels qu’une fatigue inexpliquée.

2. Restauration des haies

Les principaux bienfaits des haies

(Plus d’informations sur le site de l’association Arbres et paysages d’antan).

BIODIVERSITÉ

Les haies servent de perchoirs et de lieu de nidification à de nombreuses espèces d’oiseaux, notamment de rapaces.
En partie basse, les buissons sont le lieux de vie de nombreux petits animaux (insectes, rongeurs, serpents etc).
Comme les bosquets et les arbres isolés, elles aident les animaux sauvages à se repérer et constituent des haltes dans leurs déplacements entre zones boisées.

AGRICULTURE

De manière générale, l’agroforesterie consiste à exercer une activité agricole en présence d’arbres (sous forme de haies, d’arbres isolés, ou de forêts pâturées). Il s’agit d’une bonne pratique millénaire à redévelopper.
Les haies possèdent ainsi de multiples avantages:

– Elles limitent le ravinement des sols sur les terrains en pente, et favorisent l’infiltration de l’eau dans le sol. Elles affaiblissent le vent, ce qui diminue l’érosion éolienne des terres sèches.
Elles contribuent ainsi fortement à la préservation de la qualité des terres agricoles.

– Par l’ombre générée, elles limitent l’évaporation des sols, ce qui sera de plus en plus nécessaire à l’avenir, lors des périodes de forte chaleur afin de disposer d’herbe pour l’élevage cf agriculture.
Cette ombre permet aux animaux d’élevage de moins subir la chaleur.
Les arbres protègent également les animaux de la pluie.

– Elles abritent une « faune auxiliaire » utile aux cultures. Il s’agit des oiseaux, insectes, et reptiles qui se nourrissent de certains rongeurs et insectes nuisibles aux cultures.

– Les arbres enrichissent le sol alentour en prélevant des éléments dans le sol profond, qui vont rentrer dans la composition des feuilles qui vont ensuite retomber au sol alentour.

– Enfin, elles peuvent constituer un investissement à long terme pour un agriculteur, lui permettant de récolter, à terme, du bois de chauffage ou du bois d’œuvre.
Certaines essences d’arbres tels que les tilleuls, aubépines, châtaigniers, peuvent également permettre la récolte de miel.

PAYSAGE

Les haies enrichissent généralement le paysage.
Elles peuvent également être utilisées pour masquer des zones inesthétiques (industrielles, routières etc).

Exemples de réalisations

La commune de Séméac a récemment mené en 2022 un chantier de plantation de haies.
De nombreux autres programmes de replantation de haies devraient être soutenus.

Acteurs de ce secteur

Dans les Hautes-Pyrénées, le Pôle Arbres et Paysages 65 de la Maison de la Nature et de l’Environnement 65 accompagne les professionnels et particuliers qui souhaitent agir dans ce sens.

3. Restauration des ripisylves

[les arbres le long des cours d’eau]

La destruction des ripisylves, un facteur écocide majeur

La destruction de la ripisylve est un facteur majeur de destruction de l’écosystème des cours d’eau.

Les autres facteurs majeurs sont:
– le réchauffement climatique
générant une hausse de la température de l’air ambiant et donc de l’eau. Durant certaines années, cela cause un très faible débit des cours d’eau lors des mois d’août et de septembre, jusqu’à l’assec de certains d’entre eux à cette période.
– les nitrates issus des engrais de synthèse, ce qui entraîne la prolifération d’algues
– les produits écocides tels que les pesticides

La destruction

Les ripisylves ont été largement détruites lors de ces dernières décennies, alors que jadis, celles-ci étaient précieusement préservées afin d’éviter une érosion des berges.

Les arbres ont été abattus pour le bois de chauffage car ils étaient faciles d’accès, alors qu’il existe d’importantes quantités de bois dans les forêts.
Des campagnes aberrantes de « nettoyage des berges » par les pouvoirs publics dans les années 90 ont également abîmé la ripisylve et la biodiversité des berges.
Les arbres et buissons ne repoussent pas sur les berges rasées, qui sont donc broutées par les vaches et les brebis. Dans de nombreux cas, les seuls arbres restants ont une fonction de piquet pour les clôtures.

Conséquences
Sur la piscifaune

Les souches des arbres, baignant dans l’eau constituaient des refuges pour les poissons, dans lesquels ils pouvaient se reposer et se protéger durant des crues.
De plus, détruire une partie des ripisylves enlève de l’ombre, ce qui entraîne une hausse de la température de l’eau, en plus de celle liée au réchauffement climatique.

Les enrochements réalisés suite à l’érosion des berges à cause de la destruction de la ripisylve ont supprimé ces lieux de refuge pour les poissons.
Certains charmants ruisseaux millénaires avec leur écosystème très riche ont été transformés en canaux presque morts.

Les conséquences sur la piscifaune sont flagrantes.
Jusqu’aux années 80, les cours d’eau du piémont pyrénéen regorgeaient de poissons, malgré les prélèvements importants effectués par les nombreux pêcheurs.
Aujourd’hui, il est devenu rare de pouvoir observer des poissons dans les cours d’eau du piémont.
Les relevés des sociétés de pêche signalent une division par 5 du nombre de truites adultes entre 1990 et 2020 dans le ruisseau du Nistos. Sachant que la baisse avait déjà commencé avant 1990 et qu’elle s’est poursuivie après 2020, la division par 10 du nombre de truites est un ordre de grandeur tout à fait cohérent.
La disparition des pêcheurs en dehors des périodes de lâcher de truites d’élevage est également un indice très visible de l’effondrement de la population de truites.

Sur la biodiversité des berges

Par ailleurs, les broussailles qui poussaient entre les arbres le long des berges abritaient également toute une biodiversité (flore, rongeurs, serpents, libellules et autres insectes), qui a également été détruite.

Sur l‘érosion des berges

Par ailleurs, les arbres restant subissent plus fortement la pression de l’eau lors des crues. Ils sont donc plus susceptibles d’être arrachés.
Les ripisylves étaient jadis préservées en grande partie pour cette raison.

Sur le coût de l’eau potable

La destruction des ripisylves génère une augmentation de la température de l’eau, ce qui entraîne une prolifération des bactéries. Cela génère donc un coût significatif sur le traitement de l’eau pour la rendre potable.

Sur la perte d’eau par évaporation

La destruction des ripisylves génère une augmentation de la température de l’eau, ce qui entraîne une plus forte évaporation. Cela génère donc une diminution de la ressource en eau.

L’indifférence de la classe politique

Cette destruction de la ripisylve, et donc de l’écosystème des cours d’eau a été commise dans l’indifférence des élus locaux, sans que ceux-ci ne prennent la moindre mesure de sauvegarde.
Aujourd’hui encore, alors que de nombreux citoyens réclament une protection des ripisylves, aucune décision n’a été prise dans ce sens.

Le besoin de restauration

Il est donc urgent de restaurer certaines ripisylves en préservant les arbres restants et en replantant des arbres là où ils ont été indument enlevés.
Des sanctions dissuasives doivent être appliquées envers ceux qui enfreindraient ces règles.

Il est probable que d’ici quelques décennies, tous les cours d’eau des Pyrénées ne disposant pas de lac de retenue en amont, se retrouvent à sec durant certains étés. Cela est déjà le cas des petits ruisseaux, qui coulaient, jadis durant toute l’année, et dans lesquels vivaient de nombreux poissons.

Le long de ces ruisseaux, conserver les ripisylves permettra néanmoins d’éviter une érosion des berges lors des crues.
Par ailleurs, même s’il n’y a plus de piscifaune à cause des assecs (périodes où il n’y a plus d’eau), ces ripisylves pourront tout de même constituer des haies essentielles à la biodiversité.

Une gestion raisonnable du risque d’embâcle

Les arbres en mauvaise santé doivent être abattus.
En effet, ceux-ci risquent de tomber lors de la prochaine crue, et de former un barrage au milieu du cours d’eau. Cela peut générer une déviation du cours d’eau en période de crue, et donc des dégradations.
Les techniciens de rivière veilleront donc à ce que de jeunes arbres remplacent l’arbre abattu.

Des réserves intégrales comprenant des ripisylves préservées

Localement, la Neste (notamment la Neste d’Aure et celle du Louron), ainsi que le Gave de Pau sont les rivières qui se prêtent le plus à la création de réserves car des lacs de retenue importants se trouvent en amont, garantissant un débit minimum en été.
De plus, la Neste et le Gave de Pau traversent des zones particulièrement touristiques.
Cela peut permettre de réaliser des réserves à vocation touristique, ayant des retombées sur l’économie locale. cf proposition de réserve sur la Neste du Louron entre Loudenvielle et Avajan.

4. Place de la pêche et de la chasse

Ces activités ne sont pas en correspondance avec les valeurs défendues dans ce site.
Néanmoins, les différentes catégories de la population devant cohabiter, un espace peut être réservé à ces activités.

La pêche

La pêche n’est pas en elle-même responsable de la destruction de l’écosystème des cours d’eau car, pendant longtemps, les cours d’eau regorgeaient de poisson malgré les prélèvements très importants effectués chaque année.

Cependant, les sociétés de pêche sont responsables de la destruction de l’écosystème naturel des lacs de haute montagne. En effet, les truites introduites dans les lacs de hautes altitude ont mangé les larges d’euproctes (dits aussi calotritons des Pyrénées), ce qui a décimé cette population.

Par ailleurs, les sociétés de pêche effectuent des lâchers de truites d’élevage car la population naturelle de truites est devenue très faible. Cela peut dégrader le patrimoine génétique des truites sauvages, et les rendre ainsi moins résistantes aux maladies. Lorsque des lâchers de truites arc-en-ciel sont réalisés, cela peut générer également des croisements avec les truites fario.

La chasse

Elle doit être exclue des dites réserves.

5. Musée des glaciers des Pyrénées

Un ancien patrimoine magnifique

Les glaciers des Pyrénées constituaient un patrimoine naturel magnifique, qui donnait tout son éclat à la haute montagne en été. Leur disparition est une perte majeure dans le paysage montagnard pyrénéen.

Le nom poétique de « neiges éternelles » était souvent employé pour désigner les glaciers.
Cela devrait nous inciter, de manière générale, à essayer de préserver le patrimoine naturel restant sur notre territoire.

Cette photo (© Miguel Angulo) prise le 21 juillet 1989, montre les glaciers suspendus du Mont Perdu (3355 m, troisième sommet des Pyrénées), encore admirables à cette époque, sur cette face Nord de 800 m de dénivelé, devant le lac glacé. La moraine frontale et la moraine latérale, constituées de larges bandes de dépôt de sable, sont très visibles. Elles datent de 1850, fin du Petit âge glaciaire, correspondant à l’étendue maximale des glaciers.

Il est possible d’imaginer, à partir de ces photos d’époque, le paysage du cirque de Gavarnie avec tous ses glaciers suspendus (celui du Marboré, de la Cascade, de l’Epaule, du Casque, de la Brèche de Roland, du Taillon, du Gabiétous) desquels coulaient de nombreuses cascades.
De part sa beauté et son envergure, Victor Hugo disait qu’il était le « colosseum de la nature ».

Le sommet du Vignemale était également entouré de glaciers d’une centaine de mètres d’épaisseur (celui d’Ossoue, du Petit Vignemale, des Oulettes de Gaube, et du Clot de la Hount).
Une étude remarquable de ces glaciers entre 1905 et 1911 permet de visualiser cela.

Depuis 2001, l’association Moraine étudie l’évolution (ou plutôt la disparition) des glaciers des Pyrénées.
Des photos anciennes montrent l’étendue et l’épaisseur de cet ancien patrimoine naturel, aujourd’hui quasiment disparu.

Une disparition très rapide

Depuis la fin du Petit âge de glace en 1850, le retrait général des glaciers a été ponctué de quelques petites phases d’avancées. Cela est dû à des cycles climatiques naturels d’ampleur modeste. La dernière petite phase d’avancée s’est terminée au milieu des années 80, avant l’accélération du réchauffement climatique.

Cependant, la fonte des glaciers a été très rapide à partir des années 1990, à cause de l’accélération du réchauffement climatique cf ce document.
On peut observer sur cette photo, le recul considérable du glacier des Bossons (dans le massif du Mont-Blanc) en seulement 3 ans, de 2022 à 2025.
Les glaciers des Pyrénées auront totalement disparu d’ici une dizaine d’années, et ceux des Alpes devraient presque entièrement disparaître d’ici la fin du siècle.

Hypersensibles aux évolutions climatiques, la fonte actuelle des glaciers est due à 3 facteurs:
– de moindres précipitations sous forme de neige de novembre à mai durant la période d’accumulation, avec des redoux de plus en plus longs et intenses, occasionnant de la pluie jusqu’à haute altitude.
– une température plus élevée durant la période de fonte, de juin à octobre,
– un microclimat montagnard qui se réchauffe plus vite que la moyenne continentale du fait d’une moindre inertie thermique froide (créée par la neige et la glace qui refroidissent l’air et la roche) et d’une grande forte inertie thermique chaude, crée par l’absorption de la chaleur par la roche, à l’instar des îlots de chaleur urbains.

Espaces de mémoire

Un mémorial et un musée en ligne (voire un musée physique) des glaciers des Pyrénées seraient tout à fait appropriés. Les outils numériques actuels devraient permettre de se remettre à la place d’un montagnard qui parcourait la haute montagne dans les conditions d’époque. Les vidéos d’époque sont également très appréciables.

Autres conséquences de la disparition des glaciers

Cette disparition des glaciers et des névés estivaux entraîne également la disparition de certaines cascades durant une partie de l’année. Par exemple, la grande cascade de Gavarnie (la plus haute de France métropolitaine) ne coule plus lors de certaines périodes estivales.

La disparition des glaciers entraînera celle de certains cours d’eau en altitude durant une partie de l’année.
L’écosystème de ces torrents sera donc également détruit.

La disparition des glaciers des Pyrénées aura peu de conséquences à l’échelle du Sud de la France car ceux-ci étaient de taille modeste. Par contre, celle des glaciers des Alpes aura des conséquences importantes sur le niveau des cours d’eau en été, les glaciers alpins alimentant le Rhône à hauteur de 40% en été.